J'ai la tête en feu, les jambes tremblantes, avec tout qui tourne autour de moi.
Je sens la foule qui se presse et qui me brûle de son épouvantable contact.
Tout le monde se cogne, se touche, se bouscule, dans cette répugnante cacophonie ;
Je sens mon coeur qui se révulse tout entier, qui se tord et qui cries de douleur,
qui tremble d'une incontrôlable terreur. Les odeurs, écoeurantes,
se mélangent pour ne former qu'une accumulation désagréable de sensations.
J'entends le crissement des pneus qui hurlent à mes oreilles, et mes pensées sont envahies par le bourdonnement incessant de toutes ces paroles,
de ces rires et de ces cris qui fusent comme des éclairs, de ce brouhaha continuel.
Je sens cette chaleur immonde dans l'air, s'insinuant en moi comme un poison,
et cette espèce de proximité, cette tension insupportable.
Ma poitrine se soulève à un rythme affolant, mon coeur s'emballe comme un animal traqué,
se soulève et se contracte, détraqué et furieux.
Tout ces contacts me répugnent, me brisent, je me sens flancher.
Au creux de cette tempête surpeuplée, la bile me monte à la gorge,
mes yeux s'embuent d'une panique hurlante, je n'arrives plus à respirer,
comme si cette multitude pompait tout l'air du monde,
telle une machine infernale lancée à grande vitesse.
Comme une douleur brûlante qui m'incendie en un éclair,
qui darde ses rayons aveuglants sur mon corps meurtri.
Perdue et blessée dans le flot d'immondices de cette foule vibrante,
dans le vide vertigineux de leur présence, j'oublies ce qui m'a amenée ici,
je sens juste mon corps se soulever de dégoût, je voudrais fuir, toujours plus loin,
pour oublier cette boule dans ma gorge, pour respirer enfin le délicieux arôme de la solitude.
J'ai furieusement envie de m'en aller, de partir loin,
là où il n'y aura plus personne pour répandre cet horrible sentiment d'enfermement.
You don't understand ? You just disgust me.
All I want is running away from you.
(la photo n'est pas de moi)




