mercredi 9 novembre 2011

AGORAPHOBIE



J'ai la tête en feu, les jambes tremblantes, avec tout qui tourne autour de moi.
Je sens la foule qui se presse et qui me brûle de son épouvantable contact.
Tout le monde se cogne, se touche, se bouscule, dans cette répugnante cacophonie ;
Je sens mon coeur qui se révulse tout entier, qui se tord et qui cries de douleur,
qui tremble d'une incontrôlable terreur. Les odeurs, écoeurantes,
se mélangent pour ne former qu'une accumulation désagréable de sensations. 
J'entends le crissement des pneus qui hurlent à mes oreilles, et mes pensées sont envahies par le bourdonnement incessant de toutes ces paroles,
de ces rires et de ces cris qui fusent comme des éclairs, de ce brouhaha continuel.
Je sens cette chaleur immonde dans l'air, s'insinuant en moi comme un poison,
et cette espèce de proximité, cette tension insupportable. 
Ma poitrine se soulève à un rythme affolant, mon coeur s'emballe comme un animal traqué,
se soulève et se contracte, détraqué et furieux.
Tout ces contacts me répugnent, me brisent, je me sens flancher.
Au creux de cette tempête surpeuplée, la bile me monte à la gorge,
mes yeux s'embuent d'une panique hurlante, je n'arrives plus à respirer, 
comme si cette multitude pompait tout l'air du monde,
telle une machine infernale lancée à grande vitesse.
Comme une douleur brûlante qui m'incendie en un éclair,
qui darde ses rayons aveuglants sur mon corps meurtri.
Perdue et blessée dans le flot d'immondices de cette foule vibrante,
dans le vide vertigineux de leur présence, j'oublies ce qui m'a amenée ici,
je sens juste mon corps se soulever de dégoût, je voudrais fuir, toujours plus loin,
pour oublier cette boule dans ma gorge, pour respirer enfin le délicieux arôme de la solitude.
J'ai furieusement envie de m'en aller, de partir loin,
là où il n'y aura plus personne pour répandre cet horrible sentiment d'enfermement.
You don't understand ? You just disgust me.
All I want is running away from you.
(la photo n'est pas de moi)

samedi 24 septembre 2011

Dis-moi, petite soeur, que fuis-tu ?


Petite chose tremblante de peur et de haine, pourquoi te braques-tu comme ça ?
Tes yeux glacent jusqu'à la moelle, transpercent et brûlent tout ce qu'ils touchent ;
Tu n'es qu'un gouffre vertigineux de terreur et de colère d'une intensité foudroyante.
Fiévreuse et angoissée sous la nuit de satin, 
Tu n'as pas l'air de savoir pourquoi tu es ici et comment tu y es arrivée.
Peut-être que cela t'importe peu, après tout ; le résultat est le même.
Tu sais que de toute manière tu seras toujours percée 
De cette affreuse impression de n'être jamais à ta place, 
De n'être qu'un rebut indiscret, quelque chose d'indélicat et d'illogique, 
Une aberration stupide que l'on préfère ignorer du regard.
Un petit fantôme qui ne mérite pas d'être.
Frustrée, fragile, grise et morne comme un matin pluvieux,
Tu vois les yeux des gens qui semblent à des années-lumière au-dessus de toi, 
Et tu pleures sans relâche le temps où rien de tout cela ne comptait.
Tu aimerais dire que tu t'en fous, que ce n'est pas réel,
Mais tu te berces d'illusions aussi futiles qu'irréelles : tu le sais, pourtant,
que tu ne devrais pas leur accorder cette espèce d'importance,
Qu'ils ne sont que les pions immatériels d'un jeu particulièrement cruel.
Mais tu continues de te tromper, parce que pour voir la vérité en face il faut être forte, 
Et tu es tout sauf forte.
Ton coeur n'est qu'un noyau ridé, hideux, déformé, monstrueux, qui n'arrive plus à aimer.
Tu n'es pas, tu n'as jamais été, comme il faut, comme les autres.
Tu considères ça comme une de tes plus belles armes, mais tu doutes, encore,
De tes choix passés et futurs, de tes rire et de tes larmes, de tout et rien.
D'une vie que tu ne sais plus comment envisager.
Tu te demandes qui tu es et où tu vas, tu te poses des questions qui n'ont jamais de réponses.
Tu ne sais jamais rien. Tu n'es rien, petite soeur, rien du tout.
Tu crois que tes murmures furieux
Et tes cris désespérés éteindront le feu de tes peines angoissées.
Mais comme une brise légère, elle ne font qu'attiser ce bûcher qui brûle en toi.
En vérité, tu es un véritable incendie à toi toute seule, petite soeur ;
Ces flammes te dévorent de l'intérieur, telles une gangrène assoiffée,
Telles une hyène affamée, elles te réduisent à un tas grisâtre de cendres brunes,
Elles te font tousser des nuages de fumée noircie,
Et chavirer vers des pensées baignées d'ombre et de lumière.
Toutefois, tu as su garder le sourire, cet horrible sourire amer et ratatiné, incandescent,
Ce bout de nitroglycérine instable et sifflant,
Qui flotte sur ton visage comme un étendard macabre.
Comme pour te dire que tes nuits s'enfuiront et que tes jours mourront.
Petite soeur, tu es un labyrinthe à toi toute seule,
Pleine de replis d'ombre et de chemins tortueux, de secrets enfouis et de désirs inavoués.
Complexe et embrumée, tu n'es plus tout à fait vivante, mais tu refuses de mourir,
Errant entre deux mondes auxquels tu n'appartiens plus.
Brûle, petite soeur, consume-toi comme une cigarette rougeoyant dans l'obscurité,
Explose de milles feux comme un feu d'artifice multicolore.
Répands-toi dans les sensations, oublies-toi dans ces petits miracles,
Qui te raccrochent encore à ce minuscule filin de vie.
Tu es cassée à perpétuité, brisée pour toujours, le remède miracle n'existe pas pour toi.
Même le service des grands brûlés ne peut rien pour toi.
Tu es ce qu'on appelle, petite soeur, un cas désespéré.
Apprends à dompter l'animal sauvage et perdu que tu es.
Tu trembles de froid mais surtout d'amertume dans la tiédeur de l'atmosphère,
Qui semble transpirer d'effroi.
Tu voudrais dormir mais ces images, fugaces, éparpillées dans ta mémoire,
Refont surface et ravagent ton coeur déjà en mille morceaux.
Essaie toujours de dormir, petite étoile noire, tu sais que tu n'y arriveras pas.
Bonne nuit, petite soeur, essaie de ne pas faire de cauchemar.


(l'image n'est pas de moi : http://www.galerie-com.com/oeuvre/visage-d-enfant/ mais de marie laure Trumbic)

mercredi 14 septembre 2011

Profite, gamine, tout ça, ça pars en fumée.





Tels de tentateurs petits démons, les souvenirs remontent à la surface de mon coeur,
l'incendiant à coup d'années-lumières qui filent comme des éclairs.
Les dimanches rêveurs, les ballons rouges s'envolant silencieusement,
et ce temps si précieux où les questions ne nécessitent pas de réponses.
Tout ça s'enfuit, s'éparpille comme un nuage de cendres virevoltant dans le ciel.
Fini le temps où les coccinelles se posent dans nos mains,
où les rires et les larmes n'ont jamais l'air de finir.
Ces petites pierres précieuses reposent dans un cimetière où nous n'allons jamais ;
où les papillons noirs bruissent de mille battements d'ailes survoltés dans le silence.
Un somptueux jardin funèbre, où les fleurs fanées chuchotent doucement.
Macabre beauté, sombre mélancolie.
Moitié chat, moitié fantôme,
je glisse entre les ombres des pierres tombales gisant tristement dans la poussière,
m'enivrant de la douceur de ces parfums oubliés.
Je me souviens vaguement d'une main blanche effleurant mes cheveux,
d'un sourire tendre éteignant le feu de mes angoisses.
Les vestiges d'une époque enfuie, vide de regrets et de panique.
Ces souvenirs dont il ne reste que des ruines, de vagues mausolées perdus dans la nuit,
me rappellent à quel point les couleurs étaient belles,
me rappellent tout ce que j'ai perdu, à quel point j'en ai besoin.
Quel est ce sombre sourire qui se glisse sur mon visage,
cette triste lame qui s'abat sur mon coeur ?

Nostalgie, ma petite dame de pique, tu fais tournoyer les feuilles mortes sous ton souffle glacé,
arrachant des sourires désabusés à tes victimes imprudentes.
Les torrents de larmes que tu as fait verser coulent sur la terre nue,
laissant des sillons d'angoisse se creuser sous nos yeux.

Nostalgie, tu glisses dans mes veines tes murmures empoisonnés,
emplis d'amertume et de regret, de chagrin et de frustration.
Tu as gagné, petite reine, ton emprise aux reflets ondoyants s'est étendue sur mon coeur,
me soutirant quelques milliards de soupirs embrumés.

J'aurais aimé ne jamais grandir, rester cette petite chose vibrante qui n'avait peur de rien,
cette insignifiante particule d'espoir qui courait à en perdre haleine et qui riait aux éclats.
Atteinte du syndrome de Peter Pan, j'ai bien peur de ne pas vouloir guérir ;
tous ces moments sont trop vite partis, le temps a filé comme l'éternel coupable qu'il est.
Toutes ces perles nacrées, ces rêves éveillés trop facilement brisés,
je les contemple avec une douloureuse distance qui me transperce toute entière.  

Adieu, gamine.
J'aurais aimé ne jamais te quitter. 

mercredi 10 août 2011

Tu ne cesseras jamais de cracher ton venin.

Il ne se passe pas un jour sans que ces ignobles souvenirs m'étreignent.
La haine m'enveloppe à chaque seconde de son étreinte glacée ;
dans ma tête, elle a jeté un voile obscur qui noircit toutes mes pensées.
Tout est flou, mouvant, je crois que je deviens folle.
 
Je me transformes en monstre. Tu me transformes en monstre. 
Tous les sentiments se mélangent.
Peur, haine, souffrance, soif.
Soif d'oubli et de paix.
Soif de silence au milieu des rires sardonioques qui résonnent dans ma tête.
 
Je me suis perdue dans le labyrinthe de mensonges que tu as créés.
Tu tires tous les fils comme un marionnetistes, et tous les pantins tombent dans tes filets.
ils sont tous pris dans tes pièges sournois, pâles poupées de chiffons,
et ils ont beau se douter de tout, ils font comme si rien ne s'était passé.
Ils rampent à tes pieds comme de serviles polichinelles, devant toi, le roi des charlatans.
 
Je suis tombée dans ta toile, petite araignée. Moi aussi.
Tu m'as embobiné dans tes manigances, et j'ai beau te haïr,
j'ai beau pleurer les larmes les plus amères et pousser les gémissements les plus douloureux,
j'ai beau sentir ce trou béant qui hurle de douleur dans ma poitrine,
je marche dans tes délires. Je me hais tellement. Je te hais tellement.
J'ai l'impression d'être ton petit caniche, rampant sous tes coups, aboyant à la Lune.
T'as gagné, espèce de lâche. T'as foutrement gagné. Petit bourreau de pacotille.
Et maintenant je me retrouve seule avec les bribes déchirées de mes pitoyables souvenirs,
seules avec mes pensées, seules avec ces mots.
 
Ces mots fantômes qui reviennent à la surface de mon crâne,
 comme des cadavres flottant sur l'eau.
Ces mots empoisonnés, ces mots qui me gèlent d'angoisse.
Ces mots qui me pétrifient de terreur.
Ces mots qui font couler d'horribles torrents de larmes sur mes joues.
Ces mots qui font sortir des lacs de cris angoissés d'entre mes lèvres brûlantes.
 
Tu m'as mis la peur au ventre.
La peur de tout. De toi. Des replis d'ombre les soirs où je suis seule.
Des pensées ricanantes qui trottent dans ma têtes, ces immondes cafards...
De ces bouillons d'effroi qui éclatent comme des ballons qu'on crève.
Des frissons qui me parcourent quand je me retourne dans la rue.
 
Pourquoi tout ça ? Pourquoi moi ?
Je n'ai rien de spécial, je ne suis rien.
Pourtant tu as fait toutes ces choses ; tu m'as foutue en l'air.
Tout ce que tu n'as pas pu faire avec tes mains, tu l'as fait avec tes mots,
tes mots pernicieux qui tournoient encore comme des ouragans devant mes yeux.
 
Brisée, j'suis brisée.
Eclatée en mille morceaux.
Eparpillée aux quatres coins du vent.
Sans savoir où je vais, ce que je fais.
 
Mais ça, tu t'en fous pas mal, n'est-ce pas ?
Tu as pu jouer avec moi, te jouer de moi, puis tu m'as laissée en plan.
Ce ne sont pas des reproches, juste des constats. Des putains de constats.
Parce que les reproches ne servent à rien ;
ce serait t'adresser un intérêt que tu ne mérites pas.
 
Va crever comme un rat.
Je serais là pour te rire au nez.
C'est une promesse.
 

jeudi 28 juillet 2011

Essayez seulement de m'attraper...



Comme si un voile de satin recouvrait le ciel, un jour ou encore une année s'est écoulé
et le temps file comme un oiseau. Petit voleur, tu me nargues du haut de tes horloges de jade,
mais ne vois-tu pas que moi aussi je sais voler ?
Plus léger qu'une plume, mon esprit effleure les secrets et les mensonges de la lumière.
Aussi transparente que la brume hivernale, nuage de cendres dans la tempête,
je survole les mers houleuses, les plaines brûlantes, les déserts solitaires.
Tes griffes crochues n'ont pas de prises sur ma peau palpitante.

Incendiée. Envolée.
Je sens tous les parfums qui dansent autour de moi.
Mes pas sont guidés par les effluves d'automnes perdus et par les caresses d'hivers oubliés.
Je vole, tourne et virevolte sans que tes petites tueuses ne me trouvent,
dans l'immensité des cieux où je flotte.
En apesanteur, j'oublies les cris d'émeraude et les larmes de grenat,
pour seulement entendre les rires des étoiles et les chuchotements de la Lune.
Libre. Sans entrave.
Je chevauche les nuages, je tends la main aux coeurs perdus.
J'ai trouvé la meilleure des musiques pour m'isoler du monde que j'exècre :
celle des chaînes qui se brisent dans un cliquetis métallique.
Une mélodie amère, aussi noire que la nuit, aussi chatoyante qu'une aurore boréale.
Ce goût dans ma bouche, est-ce celui du sang qui brûle dans mes veines,
coulant des plaies que je tente de cacher ?
Oui, je crois bien que j'explose de mille feux ;
si ma vieille amie, la poésie, sait m'apporter la paix, si elle sait m'envoler loin de ce chaos,
elle sait aussi me jeter au creux des tourbillons d'angoisse qui chavirent mon coeur.
Est-ce seulement les fantômes d'un passé à la fois honni et chéri ?
Trop de souvenirs hantent mon âme, bruissant de mille soupirs.
Alors, ballottée, emportée par les zéphyrs de mes pensées capricieuses et tranchantes,
blessée par quelques milliards de poignards angoissés, je tremble comme une feuille sous la brise.
Je suis souffrance et pourtant désir, peur et joie sauvage mêlés dans un étrange carnage.
Harmonie et chaos.
 Tout vacille dans cet équilibre instable,
tout tremble et s'effondre comme les châteaux de sables sous les vagues écumeuses.
Pourtant, d'habitude, je n'ai pas peur de tomber.
(la photo n'est pas de moi.)

dimanche 24 juillet 2011

Je m'écrase, inexorablement, comme une comète fatiguée de voler...




Dans cette tornade de douleur et de haine, je cherche un refuge, un lac d'oubli et de paix.
Peut-être que tes yeux, ces comètes brûlantes, ces éclats de topaze,
sauront raviver la flamme qui chuchote dans ma tempête.
J'ai besoin de quelqu'un qui sache me ramener à la surface.
Autour de moi, les cris retentissent tels de lancinantes fusées. 
Dans le silence résonnent les échos des lacs de larmes que j'ai versées,
emplissant mon crâne de leurs sanglots étreints de panique.
Le chaos et la confusion règnent tels d'immondes tyrans.
J'ai beau me battre, j'ai beau nager frénétiquement vers la surface, je me sens plonger, lentement,
je vois l'horizon s'obscurcir et les nuages s'amonceler. 
C'est comme si une main froide et gelée m'entraînait vers le fond. 
L'incendie qui brûlait mon coeur s'éteint petit à petit dans cette horrible agonie ;
les dévoreuses petites secondes me narguent derrière leurs aiguilles.
J'ai besoin de quelqu'un qui sache raviver les braises qui m'animent.
Fatiguée d'entendre les même mots cataclysmiques,
lasse de voir le sol s'effondrer sous mes pieds, j'aurais presque envie d'abandonner.
De me laisser tomber et de ne plus penser.
Parce que les réflexions qui bouillonnent dans ma tête sont comme les bouts de verre d'une vitre brisée ;
elles mettent à feu et à sang les maigres restes d'espoirs qui brillent dans le noir.
Éreintée d'être jugée, tremblante de fatigue, chancelante, je vois pourtant si clairement l'abîme à mes pieds ;
ce gouffre sans fond, cette chute sans fin, 
les regards vides de ceux qui y plongent.
Il est juste à côté, bruissant de mille pleurs silencieux, vibrant et tendu comme la corde d'un arc. 
J'ai la tête qui tourne, le monde qui tremble autour de moi ; le vertige qui reprend son territoire.
J'ai juste envie de paix dans ce chaos, de silence dans cette cohue, dans cette immonde cacophonie.
D'une main tendue pour me relever.
Parce que je ne peux pas gagner la bataille toute seule. 
Help me.
(la photo n'est pas de moi.)